RÉPARER, POUR REDONNER DE LA VALEUR À NOTRE CONSOMMATION ET À LA NATURE

12/11/2019

Et si la réparation – pilier de l’économie circulaire – était en mesure de bousculer le modèle insoutenable qui consiste à « acheter-jeter » ?

Réparer

Un débat enregistré le 10 septembre 2019 à La REcyclerie dans le cadre du cycle des conférences 2C, proposé par la Fondation Veolia. Avec Amélie Rouvin, responsable économie circulaire chez Veolia, Marline Weber, chargée de mission affaires juridiques et européennes à l’Institut national de l’économie circulaire, et Julien Richardson, directeur de l’entreprise Atelier Extramuros.

« On extrait, on produit, on distribue, on consomme, on jette. »

« En réparant, on obtient le même service avec très peu de flux de matières et d’énergie additionnelle. La valeur d’usage reste importante. C’est vraiment une des stratégies qu’il faut adopter. » Comme lors de chaque conférence 2C, Dominique Bourg pose les bases de la discussion. Dans un contexte d’épuisement des ressources naturelles, il est essentiel de démocratiser l’acte de réparation, nous dit-il en substance. Pour étayer ce constat, Amélie Rouvin pointe du doigt notre modèle économique linéaire qui amène à reproduire un éternel schéma destructeur : « on extrait les ressources de la planète, on produit, on distribue, on consomme, on jette ». Elle illustre : « chaque année, on jette quatre milliards de tonnes de déchets, dont seulement un quart est valorisé. On a donc un énorme potentiel de valorisation. »

Réparation et sur-cyclage à tous les étages.

Mais comment favoriser la réparation et le réemploi face au fléau de l’obsolescence programmée, à la difficulté de collecte des déchets, à la dépréciation des savoir-faire manuels ?

L’Atelier Extramuros tente de répondre à cette question par l’upcycling (ou « sur-cyclage ») avec la création de mobilier de bureau. Son mot d’ordre : « aller chercher le bois dans nos villes plutôt que dans nos forêts », résume Julien Richardson, président de cette entreprise d’insertion qui compte une dizaine de salariés. Pour lui, une telle approche permet de « donner aux objets une deuxième vie, encore plus belle que la première. »

Du côté juridique, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire table sur quatre orientations : stopper le gaspillage, mobiliser les industriels, informer les citoyens, améliorer la collecte. Son objectif consiste à mettre en œuvre la feuille de route de l’économie circulaire, précise Marline Weber. Pourtant, les mesures proposées par ce projet de loi demeurent bien timides au regard de l’urgence climatique. C’est pourquoi Amélie Rouvin en appelle « à la coopération entre tous les acteurs », qu’ils soient issus de la société civile, de la sphère politique ou du monde de l’entreprise. Vaste chantier.

Pour aller plus loin

Sur les bonnes pratiques de l’économie circulaire : economiecirculaire.org.

Sur l’atelier de René de La REcyclerie : larecyclerie.com/atelier-de-rene.

Revoir les principaux arguments des invités en vidéo

L’équipe

Programmation : Les Filles sur le Pont.

Animation débat : Alice Dominé du mouvement CLIMates.

Podcast, rédaction : Simon Beyrand.

Sound design : JFF.

Photo : RaMa2016 / Wikimedia Commons

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