L’ÉOLIEN EN MER, À CONTRE-COURANT DE LA VIE MARINE ? 🎤 LAMYA ESSEMLALI

Le 30 juin 2022

Et si les énergies « dites » renouvelables s’implantaient au détriment de la biodiversité ? Telle est la crainte formulée par Lamya Essemlali. Car pour la présidente de Sea Shepherd France, « la préservation du vivant est la priorité incontournable ».

D’ici à 2050, la France prévoit d’implanter 50 parcs éoliens le long de son littoral. L’association Sea Shepherd – connue pour ses opérations contre la surpêche et le braconnage en mer – est aujourd’hui vent debout contre ces « usines éoliennes » en mer qui présentent des risques pour les écosystèmes marins :

 « Tout n’est pas forcément à jeter avec les éoliennes. Mais la façon dont c’est en train d’être développé – et notamment en mer – est assez catastrophique pour la biodiversité, assure Lamya Essemlali. Le projet dans la baie de Saint-Brieuc a obtenu 59 dérogations de destruction d’habitats et d’espèces protégées, dont des espèces en danger critique d’extinction. »

La préservation du vivant est bel et bien « la priorité incontournable » pour la présidente de Sea Shepherd France :

« Si l’on veut enrayer le changement climatique, on a besoin d’une biodiversité en bonne santé. On marche complètement sur la tête en cherchant à développer des énergies dites renouvelables qui vont se faire au détriment de la biodiversité. C’est comme si on sacrifiait l’essentiel au prétexte de sauver la planète. »

Pour aller plus loin

Jean-Marc Gancille, L’humanité prise à son propre piège ?, La REcyclerie, 2022.

Jonathan Balcombe, À quoi pensent les poissons ?, La Plage, 2018.

Yves Miserey, Philippe Cury, Une mer sans poissons, Calmann-Lévy, 2008.

Lamya Essemlali, Capitaine Paul Watson, entretien avec un pirate, Glénat, 2012.

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Programmation et production : La REcyclerie.

Entretien et mise en ondes : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

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« WOMAN AT WAR » : DU STORYTELLING À L’ACTION DIRECTE ? 🎤 BENEDIKT ERLINGSSON

Le 12 mai 2022

Pour le réalisateur islandais Benedikt Erlingsson, l’action directe est notre seule chance de remporter le combat écologiste. Retour sur son film Woman at war (2018) et sur la nécessité d’enrayer la « machine économique. »

Woman at war illustre le combat écologiste d’une femme, cinquantenaire, menant des actions de sabotages contre l’industrie de l’aluminium qui défigure l’Islande. Une fable écologique poignante, éminemment politique :

D’une certaine façon, toutes les histoires sont politiques, assure Benedikt Erlingsson. Il s’agit d’un combat d’imaginaire. Et chaque humain, chaque homo sapiens, est un conteur d’histoires. Voilà l’essence de toute chose. […] En général, les films confortent nos idées dominantes, notre vision du monde, notre paradigme. Mais parfois, vous pouvez créer un film, une histoire, qui déplace le curseur et amène une nouvelle perspective.

Dans Woman at war, cette nouvelle perspective est bien celle du soulèvement écologiste :

On doit trouver notre soulèvement et lever le poing face à la machine économique. C’est pour moi la seule et unique façon de remporter le combat, car la bataille morale est insuffisante. Aujourd’hui, on fait face à une extinction de masse, avec cette stupide machine économique bien huilée. On doit donc s’opposer directement à cette machine et l’enrayer, d’une manière ou d’une autre, avec toute notre imagination.

Ressources

David Graeber, David Wengro, Au commencement était…, Les Liens qui Libèrent, 2021.

Vinciane Despret, Les récits des autres qu’humains, La REcyclerie, 2021.

Alain Damasio, « Il n’y a pas de lendemains qui chantent mais des aujourd’hui qui bruissent », La REcyclerie, 2020.

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Doublage voix : Simon Rossard.

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L’HUMANITÉ PRISE À SON PROPRE PIÈGE ? 🎤 JEAN-MARC GANCILLE

Le 30 mars 2022

Pour Jean-Marc Gancille, cofondateur de Darwin à Bordeaux, l’espèce humaine se trouve prise au piège de la 6e extinction de masse.

Trois ans après la publication de son pamphlet Ne plus se mentir (Rue de l’échiquier, 2019), Jean-Marc Gancille en appelle – encore et toujours ! – à la lucidité face au mirage de la transition écologique. Et à « ne vraiment plus se mentir » au regard de la destruction des écosystèmes :

« La façon dont on a organisé l’exploitation des animaux nous entraîne aujourd’hui vers le gouffre. Nous avons détruit l’essentiel de la vie sauvage sur cette planète : désormais, trois quarts de tous les oiseaux du monde sont des volailles d’élevage, deux tiers des mammifères sont du bétail 1. […] Cesser cette exploitation des non-humains aurait des effets quasi immédiats sur la fonctionnalité des écosystèmes, comme sur la considération que l’on peut avoir entre nous-mêmes. Cela apaiserait le monde et garantirait peut-être des conditions de vie viables à moyen terme. »

Note

1 Chiffres tirés du dernier livre de Jean-Marc Gancille, Carnage (Rue de l’échiquier, 2020). L’auteur s’appuie sur la publication The biomass distribution on Earth (PNAS, vol. 115, n° 25, 19 juin 2018).

Ressources

aspas-nature.org

seashepherd.fr

Les lumières à l’âge du vivant. Entretien avec Corine Pelluchon, La REcyclerie, 2021

À l’aube de la 6e extinction. Entretien avec Bruno David, La REcyclerie, 2021

Lamya Essemlali, Paul Watson. Le combat d’une vie, Glénat, 2017

Bernard Charbonneau, Le feu vert, 1980

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CAMILLE ÉTIENNE : L’ARTIVISME COMME MANIÈRE D’ÊTRE AU MONDE

Le 26 janvier 2022

La jeune militante Camille Étienne, porte-parole du mouvement On est prêt et membre du duo artistique Avant l’orage, entend mobiliser toutes les formes d’expression – l’art en premier plan –, pour mobiliser toutes les forces vers l’action. 2022 sera l’année de l’écologie, de la justice sociale et de la démocratie. Ou ne sera pas.

 « Pour moi l’activisme est une manière d’être au monde. C’est une intransigeance de la pensée et une exigence de l’action qui fait que l’on se renseigne, que l’on sait précisément où agir et là où on a la capacité d’avoir un impact concret. Donc les artistes ont un vrai rôle de société.

L’art permet d’exprimer ce que l’on ne peut pas dire. Et c’est assez indicible ce que l’on est en train de vivre. On est une génération qui se tient devant un vide vertigineux, constatant qu’elle crée les conditions de sa propre extinction. »

À la toute fin de ce podcast, nous rediffusons les premières minutes du spectacle « Une Zad au 19e », organisé le 17 janvier 2022 à la REcyclerie. L’occasion pour Camille Étienne de poser sa voix sur un texte haut en couleur de George Sand, sur fond de Chopin.

Pour aller plus loin

Radio REcyclerie, Vers une société low-tech (conférence Socialter), 2019.

Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, Actes sud, 2020.

Socialter, Renouer avec le vivant, 2020.

Socialter, L’écologie ou la mort, 2021.

Camille Étienne, Génération (film), 2021.

Oxfam, Dans le monde d’après, les riches font sécession, 2022.

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SOLÈNE DUCRÉTOT : L’ÉCOFÉMINISME POUR DÉCONSTRUIRE LES SYSTÈMES D’OPPRESSION

Le 16 décembre 2021

À l’initiative du premier festival écoféministe qui s’est tenu en France – le festival Après la pluie, organisé à la Cité Fertile en 2019 – Solène Ducrétot entend structurer et politiser l’écoféminisme. Et si ce mouvement complexe et multiple donnait lieu à une tant attendue convergence des luttes ?

Né dans les années 70, l’écoféminisme connaît un renouveau en France depuis la COP21. Au-delà d’une simple juxtaposition de deux courants de pensée – l’écologie et le féminisme –, ce mouvement amène des questionnements critiques à l’encontre de ces deux luttes, afin de les dépasser et de créer une dynamique plus ample. Ainsi, l’écoféminisme vise à repenser la société dans sa globalité (et non à simplement verdir ou féminiser le capitalisme patriarcal).

« Quand on vient déconstruire les systèmes d’oppression, on agit sur d’autres nœuds de notre société, car c’est le même système qui crée des nœuds un peu partout. En agissant sur l’écologie et le droit des femmes, on se rend compte que l’on règle aussi pas mal de soucis sur l’homophobie, le racisme, le spécisme… »

Pour aller plus loin

Alice Desbiolles, Sergio Lopez, Émile Bertier et Yann Girard, Éco-anxiété : Des larmes aux rires, du rire aux armes (Radio REcyclerie, 2021)

Élisabeth Lavaill, Louise Roussel et Géraldine Michel, REcyclotour, étape 2 : Le cyclisme au féminin (Radio REcyclerie, 2021)

Solène Ducrétot, Alice Jehan, Après la pluie : horizons écoféministes (Tana, 2020)

Catherine Beau-Ferron, Marie-Anne Casselot, Élise Desaulniers, Ellen Gabriel, Céline Hequet, Anna Kruzynski, Jacinthe Leblanc, Valérie Lefebvre-Faucher, Pattie O’Green et Maude Prud’homme, Faire partie du monde (Les éditions du remue-ménage, 2017)

Émilie Hache, Reclaim : recueil de textes écoféministes (Éditions Cambourakis, 2016)

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THIERRY LIBAERT : COMMENT MOBILISER (ENFIN) POUR LA PLANÈTE

Le 24 novembre 2021

Comment mobiliser pour le plus grand défi du siècle ? Spécialiste en communication climat, Thierry Libaert propose de repenser l’ensemble du discours de mobilisation. L’objectif : renouveler les imaginaires, mettre en récit une espérance commune.

L’ouvrage Des vents porteurs, comment mobiliser (enfin) pour la planète (Le Pommier, 2020), a reçu le Prix du livre environnement 2021 de la Fondation Veolia.

L’extrait choisi par l’auteur

« Il y a urgence à modifier notre stratégie. Le combat contre le dérèglement climatique n’est pas le bon. Bien sûr, il n’est pas question de renoncer à tous les efforts réalisés depuis près d’une trentaine d’années, de faire une croix sur la nécessité pour chacun de changer son comportement et, a fortiori, de nous mobiliser à l’occasion des grandes conférences climatiques. Ce dont il est question ici, c’est d’une réorientation de l’objectif. C’est désormais un impératif majeur. Il faut relier le dérèglement climatique à nos vies quotidiennes, dans une optique très pratique de la poursuite d’un meilleur bien-être. Comme le résume le climatologue américain Michael Mann : « Il est temps de parler du futur et des opportunités qui se débloqueront dans notre chemin. » Les spécialistes en sciences de la communication sont unanimes, l’action climatique doit arrêter d’informer sur le risque pour se concentrer sur les messages positifs, sur le bénéfice d’une action collective contre le dérèglement climatique, une meilleure qualité de vie et toutes les opportunités que l’action peut impliquer. Une énergie propre, moins chère, un air plus pur, des produits plus sains, un mode de vie moins stressant, qui ne s’engagerait pas pour un tel programme ? »

Thierry Libaert est Professeur des universités, membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas-Hulot, et conseiller au Comité économique et social européen.

Pour aller plus loin

Alain Damasio : « Il n’y a pas de lendemains qui chantent, il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, 2020)

Conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, Quelles sciences pour le monde à venir ? (Odile Jacob, 2020)

Jean Dorst, Avant que nature meure (1965)

Roger Heim, Destruction et protection de la nature (1952)

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VINCIANE DESPRET : LES RÉCITS DES AUTRES QU’HUMAINS

Le 24 novembre 2021

Connaissez-vous la poésie vibratoire des araignées ? Les aphorismes éphémères des poulpes ? Avec une rare force de pensée, la philosophe du vivant Vinciane Despret compose de surprenants récits d’anticipations scientifiques venant brouiller les frontières entre science et fiction.

L’ouvrage Autobiographie d’un poulpe (Actes Sud, 2021) a reçu la mention spéciale du Prix du livre environnement 2021 de la Fondation Veolia.

L’extrait choisi par l’autrice

« Du fait de l’interdépendance foncière de tout existant, les récits de chacun des vivants s’emmêlent, se croisent, s’écrivent les uns sur les autres. Les bactéries écrivent leurs projets dans le corps de leurs hôtes, les oiseaux dans les graines de fruits qu’ils transportent pour leur permettre d’autres rencontres, les abeilles mâles portent le récit des fleurs qu’elles butinent et les fleurs elles-mêmes portent, sous formes de récits incorporés (parfums, couleurs et formes), les projets des abeilles.

Tous se racontent au passé, au présent et au futur, les uns aux autres et les uns sur les autres. Chaque récit, dès lors, constitue une proposition, un pari sur l’avenir, un appât pour l’existence, voire pour les métamorphoses. Ainsi en va-t-il aussi du récit du lichen, qui porte le récit du projet de l’algue, et de l’algue portant le récit du lichen et qui interprétera ce récit, pourra le modifier, pour l’obliger à inventer d’autres histoires encore. »

Vinciane Despret, est une philosophe des sciences belge, professeur à l’université de Liège.

Pour aller plus loin

Anne Simon, Quand les animots surgissent de nos livres (Radio REcyclerie, 2021)

Alain Damasio : « Il n’y a pas de lendemains qui chantent, il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, 2020)

Baptiste Morizot, Raviver les braises du vivant : un front commun, (Actes Sud et Wildproject, 2020)

Baptiste Morizot, Sur la piste animale (Actes Sud, 2018)

Baptiste Morizot, Les Diplomates : cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject, 2016)

Ursula Le Guin, « The Author of the Acacia Seeds » and Other Extracts from the Journal of the Association of Therolinguistics (1974)

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BRUNO DAVID : À L’AUBE DE LA 6E EXTINCTION, ACCEPTER LA COMPLEXITÉ DU VIVANT

Le 24 novembre 2021

Nous sommes à l’aube de la 6e extinction, et le soir risque d’arriver plus vite que prévu. Tel est le constat de Bruno David, président du Muséum national d’Histoire naturelle, qui offre un précieux recul sur le phénomène d’extinction de masse et invite à l’humilité face à la complexité du vivant.

L’ouvrage À l’aube de la 6e extinction, comment habiter la terre (Grasset, 2021) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2021 de la Fondation Veolia.

L’extrait choisi par l’auteur

« Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse, c’est un fait vérifiable par tous : l’année 2019 fut caniculaire ; la banquise arctique a perdu 96 % de sa surface en trente-cinq ans et chaque année le niveau des océans monte un peu plus. Mais le climat et ses effets spectaculaires ne sont que la face visible d’un bouleversement de plus grande ampleur.

Au cours de sa longue existence, notre planète a connu plusieurs crises qui, à chaque fois, ont transformé en profondeur le vivant et entraîné l’extinction de la majorité des espèces. Ces crises de la biodiversité avancent masquées par des déclins aussi discrets que redoutables. En trente ans, un quart des oiseaux d’Europe ont disparu.

Aujourd’hui, tout laisse à penser que nous sommes à l’aube d’une sixième extinction qui arrive à une vitesse foudroyante. L’Homme et sa consommation sans cesse croissante en sont la première cause. Si rien n’est fait, ce choc aura lieu, et l’humanité, dont la survie et la prospérité dépendent des écosystèmes, pourrait, elle aussi, être mise à mal. Pouvons-nous encore redresser le tir ? La réponse est entre nos mains. »

Bruno David est paléontologue, biologiste marin, et actuellement président du Muséum national d’Histoire naturelle.

Pour aller plus loin

Paloma Moritz, Agir face à la 6e extinction de masse (Radio REcyclerie, 2021)

Alain Canet, Stéphane Hallaire, Marc-André Selosse, Le rôle des arbres dans nos écosystèmes (Radio REcyclerie, 2019)

Jean Dorst, Avant que nature meure (1965)

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ENKI BILAL X ADRIEN RIVIERRE : L’HOMME EST UN ACCIDENT

Le 24 novembre 2021

« L’Homme est un accident. » Cette courte phrase est le point de départ d’une vaste discussion entre l’artiste Enki Bilal et le spécialiste de la mise en récit Adrien Rivierre qui, sans concessions, abordent la disparition inéluctable de l’humanité, la sidérante rupture numérique, et le rôle de l’artiste par temps de chaos climatique.

L’ouvrage L’Homme est un accident (Belin Éditeur/Humensis, 2021) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2021 de la Fondation Veolia.

L’extrait choisi par les auteurs

« J’ai toujours défendu la création artistique et en particulier la science-fiction. Je suis désolé de le dire mais pour moi certains textes de science-fiction dépassent largement des œuvres adoubées par la « culture officielle ». Je le dis et je l’assume ! Or, en disant cela, je peux provoquer des crispations chez beaucoup de gens. Imagine un peu un professeur de français qui aurait compris que les enjeux à venir ont des réponses pertinentes chez Azimov, Lovecraft, Philip K. Dick, H. G. Wells ou aujourd’hui Damasio, et qui mettrait ces textes au programme plutôt qu’Hugo, Proust ou Zola…

On a souvent considéré que la science-fiction n’était pas à la hauteur du monde culturel, or aujourd’hui, on voit les clés de compréhension incroyables qu’elle donne. Pour moi, cette littérature est une façon pertinente de regarder le monde, de penser ce qui nous arrive. J’ajoute même que je suis convaincu que la science-fiction permet de porter un regard acéré sur le monde, un regard politique, au sens où elle a les deux pieds ancrés dans le réel à tel point que parfois celui-ci nous revient à la figure ! »

Enki Bilal est l’auteur d’une œuvre imposante en bandes dessinées, et réalisateur de trois films pour le cinéma.

Adrien Rivierre est un expert de la mise en récit et de la prise de parole en public.

Pour aller plus loin

Alain Damasio, « Il n’y a pas de lendemains qui chantent, il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent » (Radio REcyclerie, 2020)

Corinne Morel Darleux, Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Éditions Libertalia, 2019)

Enki Bilal, Animal-z (Casterman, 2009)

Daniel Quinn, Ishmael (1992)

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KENNETH WHITE : LA GÉOPOÉTIQUE OU COMMENT HABITER POÉTIQUEMENT LE MONDE

Le 21 octobre 2021

À l’origine des notions de géopoétique et d’esprit nomade, Kenneth White est l’un des plus grands penseurs et poètes de notre temps. Sa culture-monde questionne notre manière d’habiter la terre et ouvre un vaste espace de pensée pour l’écologie.

Kenneth White nous a ouvert les portes de son « Atelier Atlantique », situé sur la côte nord de la Bretagne. L’occasion de mettre les voiles au-delà de La REcyclerie, de retracer le cheminement sensible et intellectuel d’une figure du dehors, dans la lignée d’un Walt Whitman et d’un Henry David Thoreau.

« J’ai toujours été à la recherche – dans diverses parties du monde – de lieux où vivre intensément. Autant j’aime traverser des territoires pour augmenter mon expérience du monde ; autant je suis intéressé par habiter profondément un lieu. La plupart des gens ont une adresse. Mais combien connaissent leur lieu ? »

Né il y a 85 ans à Glasgow, en Écosse, Kenneth White offre un regard lumineux sur le contexte culturel, politique et écologique actuel. Une parole rare et précieuse à l’approche de la COP26, la prochaine conférence internationale sur les changement climatiques.

« Le mot écologie est un mot utile, peut-être pas le mot final. Il y a beaucoup de travail à faire sur la pensée écologique, une pensée qui ne s’appellera peut-être plus comme telle, mais qui sera un en-avant de l’écologie. […] Une pensée sensible, riche, et qui fait vivre plus. Et c’est de cela dont il s’agit. Vivre plus. »

Les derniers livres de l’auteur

Kenneth White, Entre deux mondes, autobiographie (Le mot et le reste, 2021)

Kenneth White, Lettre ouverte du Golf de Gascogne (Zortziko, 2021)

Kenneth White, Le gang du Kosmos (Wildproject, 2015)

Quelques livres mentionnés lors de l’entretien

Kenneth White, Les Cygnes sauvages (1990)

Kenneth White, L’esprit nomade (1987)

Gregory Bateson, La nature et la pensée (1979)

Aldo Leopold, Almanach d’un comté des sables (1949)

Walt Whitman, Perspectives démocratiques (1871)

Henry D. Thoreau, Walden (1854)

Henry D. Thoreau, Journal (1837 – 1861)

Adam Smith, La richesse des nations (1776)

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ANNE SIMON ET LA ZOOPOÉTIQUE : QUAND LES ANIMOTS SURGISSENT DE NOS LIVRES

Anne Simon, directrice de recherche au CNRS et du programme Animots, aborde la richesse de nos relations aux animaux à travers les récits des écrivain-es. Entre philosophie, poésie et littérature animale, son dernier essai – Une bête entre les lignes (Wildproject, 2021) – nous embarque dans le vaste champ de la zoopoétique.

Plus qu’un concept ou qu’une discipline, la chercheuse en littérature Anne Simon aborde la zoopoétique comme un pas de côté philosophique pour décloisonner les bibliothèques :

« La zoopoétique est une autre perspective sur les textes – on examine comment les écrivains font avec le vivant, créé à partir du vivant –, mais c’est également un délogement dans ma façon de vivre et d’habiter le monde. Ainsi, la zoopoétique est le fait que les vivants émettent des signes, des sons, des phrasés à même le sol. Il y a donc tout un livre animé, réellement écrit par les animaux. »

De la zoopoétique à la zoopolitique

Pour Anne Simon, la littérature ne suffit pas s’il n’y a pas un engagement politique qui va avec. Mais cet art majeur joue toutefois un rôle pour produire de nouveaux récits par temps d’effondrement écologique :

« La littérature peut transformer des imaginaires, révéler des réalités, développer des récits d’anticipation et, surtout, la littérature nous permet d’entrer dans des zones de nous-mêmes où la société ne nous emmène pas. »

Ressources

Dans l’ordre des ouvrages cités :

Jacques Derrida, L’animal que donc je suis (2006)

Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964)

Le souci de la terre – Nouvelle traduction des Géorgiques par Frédéric Boyer (2019)

Yves Bichet, La part animale (1994)

Tristan Egolf, Le Seigneur des porcheries (1998)

Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes: La philosophie à l’épreuve de l’animalité (1999)

Jean-Christophe Bailly, Le versant animal (2007)

Éric Chevillard, Sans l’orang-outan (2007)

Jean Rolin, Un chien mort après lui (2009)

Céline Minard, Faillir être flingué (2013)

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MARC DUFUMIER : L’AGROÉCOLOGIE, DE RENÉ DUMONT À AUJOURD’HUI

Podcast enregistré le 18 juin 2021

Pour les 20 ans de la mort de René Dumont, l’agronome et enseignant-chercheur Marc Dufumier est venu échanger à La REcyclerie autour de l’héritage agronomique et politique de l’homme en rouge. L’occasion de retracer l’émergence du vaste concept d’agroécologie dans le champ de la pensée écologique française.

De l’agroécologie inspirée par René Dumont… et par les paysan-nes des pays du Sud

« L’agroécologie [scientifique], c’est l’écologie des systèmes aménagés par les agriculteurs » énonce Marc Dufumier qui, influencé par un certain professeur nommé René Dumont, est très tôt passé de l’agronomie à l’agroécologie :

« René Dumont m’a aidé à ce que je ne sois pas complètement un agronome donnant des leçons. Il m’a appris à aller regarder, à aller écouter, et à essayer de comprendre ce que les gens font. […] Ainsi, ce sont des femmes malgaches analphabètes qui m’ont expliqué – sans prononcer le mot agroécologie – que la rizière ce n’était pas que du riz, mais un écosystème agricole, productif et durable. »

Récupérer des savoir-faire paysans

L’agroécologie, terme polysémique, peut être également considérée comme une source d’inspiration en provenance de recherches empiriques paysannes, souligne Marc Dufumier :

« Aujourd’hui, il faut combiner un raisonnement scientifique d’agroécologue et le fait qu’il y a déjà des savoir-faire paysans. Parfois, il faudra même récupérer certains savoir-faire paysans que l’on a un peu détruits avec l’agriculture industrielle. »

Ressources

L’utopie ou la mort, René Dumont (Seuil, 1973)

Un agronome dans son siècle. Actualité de René Dumont, Association pour la création de la Fondation René Dumont, Marc Dufumier (dir.) (Éditions Karthala 2002)

Une agriculture sans pesticides est-elle rentable ? (La REcyclerie, 2020)

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CLÉMENCE VORREUX x DAMIEN AMICHAUD : ÊTRE INGÉNIEUR-E ET DÉCROISSANT-E, C’EST POSSIBLE !

Podcast enregistré le 10 juin 2021

Clémence Vorreux et Damien Amichaud, tous deux membres de l’association The Shift Project – un think tank qui propose des pistes pour aller vers une société décarbonée – tentent de repenser le rôle de l’ingénieur-e dans un monde de contraintes et de limites.

Mobiliser l’enseignement supérieur à l’aune des enjeux sociaux-écologiques

Comment transformer le contenu des formations du supérieur afin d’enclencher, par la suite, de profonds changements dans le monde de l’entreprise ?

Pour éclaircir cette vaste question, The Shift Project a publié, en 2019, un rapport intitulé Mobiliser l’Enseignement Supérieur pour le Climat. Au micro de Radio REcyclerie, Clémence Vorreux revient sur les grandes lignes de cette étude qui révèle un chiffre inquiétant : seulement 11 % des formations du supérieur abordent les enjeux climat-énergie de manière obligatoire.

Mené par Damien Amichaud, le projet ClimatSup INSA vise, pour sa part, à intégrer les enjeux sociaux-écologiques dans les formations d’ingénieur du groupe INSA – le plus grand ensemble de formation d’ingénieurs en France.

Repenser le rôle de l’ingénieur pour repenser la notion de progrès

Le low-tech, souvent perçu négativement, en opposition au high-tech, est une notion clé pour repenser le rôle de l’ingénieur au 21e siècle et placer ce métier au cœur de la transition écologique, affirme Damien Amichaud :

« Le low-tech, c’est être malin avec la technologie. C’est comprendre la technique pour développer des technologies sobres en consommation énergétique, recyclables, simples à réparer, durables, etc. »

Ainsi, repenser le rôle de l’ingénieur revient à repenser les notions de progrès et d’innovation.

«  C’est le changement de culture du monde de l’ingénieur qui doit s’opérer », ajoute Clémence Vorreux, dans la mesure où « nous sommes en train de passer d’un monde de l’abondance à un monde de la contrainte et des limites. »

Ressources

Vers une société low-tech, conférence Socialter à La REcyclerie (2019)

Effondrement, Jared Diamond (‎Folio, 2009)

Raviver les braises du vivant : un front commun, Baptiste Morizot (Actes Sud et Wildproject, 2020)

L’équipe

Production & programmation : La REcyclerie.

Interview & mise en ondes : Simon Beyrand.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

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NOËL MAMÈRE X LAURE NOUALHAT : « AGIR LOCAL », L’ANTIDOTE À LA SERVITUDE VOLONTAIRE ?

En ces temps de re-reconfinement, Noël Mamère et Laure Noualhat – tous deux liés par une vision de l’action locale et par la pratique du journalisme – posent un regard critique sur l’avènement du capitalisme numérique porté par les Gafam 1.

Entretien enregistré le 18 mars 2021 à La REcyclerie.

Dans son dernier livre L’Écologie pour sauver nos vies (Les Petits matins, 2020), Noël Mamère revient sur les auteurs qui ont façonné sa vision de l’écologie politique. Parmi eux : Bernard Charbonneau et, surtout, Jacques Ellul, l’historien du droit et sociologue à l’origine de la formule « penser global, agir local ». Ainsi, pour Noël Mamère, l’échelle locale représente un terrain d’action stratégique pour provoquer le changement :

« Les penseurs de l’écologie – depuis le 19e siècle, depuis Henry David Thoreau – ont toujours défendu l’idée de petites entités, de société à dimension humaine. […] Il y a aujourd’hui une énorme floraison d’initiatives : des gens tournent la page, bifurquent et vivent différemment la relation à la terre comme les relations sociales. »

Noël Mamère pose alors la question suivante : « la somme de ces petites entités fera-t-elle société ? » La journaliste et réalisatrice Laure Noualhat a quitté Paris en 2013 pour participer à l’éclosion de projets écologiques sur la commune de Joigny, dans l’Yonne. L’autrice de Comment rester écolo sans finir dépressif (Tana, 2020) témoigne :

« On est plusieurs collectifs : sur l’autonomie numérique, sur l’autonomie alimentaire. […] Dans un petit territoire, je peux à nouveau spatialiser, envisager qui fait quoi, qui est où – quel collectif est en Puisaye, qui s’occupe du pôle environnemental d’Auxerre –, je ne suis pas noyée dans une espèce de somme de choses. On est comme un rhizome. »

Ressources

Gébé, L’An 01 (Éditions du Square, 1972)

Rachel Carson, Printemps silencieux (éd. française : Wildproject, 2009)

Jacques Ellul, Le bluff technologique (Hachette, 2012, 3e éd.)

Murray Bookchin, L’écologie sociale : Penser la liberté au-delà de l’humain (éd. française : Wildproject, 2020)

Bruno Latour, Où suis-je ? : Leçons du confinement à l’usage des terrestres (La Découverte, 2021)

Note

1 Gafam : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.

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