CULTIVER LA BIODIVERSITÉ DE L’ESPRIT, SEMER DES GRAINES D’ESPOIR. 🎤 VANDANA SHIVA

Le 18 décembre 2023

Du haut de ses 71 ans, la militante écoféministe indienne Vandana Shiva revient sur près de cinquante années de luttes en faveur des semences libres et de l’agriculture biologique.

Vandana Shiva est venue échanger au micro de Radio REcyclerie à l’occasion de la parution de ses Mémoires Terrestres (co-publication Rue de l’échiquier – Wildproject, novembre 2023). Cette figure de l’écoféminisme mondiale nous invite à cultiver ce qu’elle nomme « la biodiversité de l’esprit » et à semer, sans relâche, des graines d’espoir :

«  Mon militantisme m’a montré qu’une grande partie de la destruction du monde est due à la profonde cécité de ceux qui ont le pouvoir. Cette cécité, je l’ai nommé la monoculture de l’esprit. Une riche forêt se trouve devant eux, et ils ne voient qu’un eucalyptus. Face à une immense diversité de plantes qui nous nourrissent, ils ne voient que du maïs qui peut être chimiquement manipulé puis échangé pour des profits. Je n’ai jamais compris comment ceux qui se pensent intelligents sont en même temps aveugles face à la richesse du monde. Pour ma part, je cultive la biodiversité de l’esprit. […]

Selon nos recherches [avec l’association Navdanya], on peut nourrir deux fois la population mondiale en régénérant la terre, en conservant la biodiversité, en nous débarrassant des combustibles fossiles et en remettant l’homme et la nature au centre de l’économie. Voilà les graines d’espoir. »

Pour aller plus loin

Vandana Shiva, Qu’est-ce que la démocratie terrestre ?, Radio REcyclerie, 2023.

Veronika Bennholdt-Thomsen, Geneviève Pruvost, Qu’est-ce que le féminisme de subsistance ?, Radio REcyclerie, 2023.

Vandana Shiva, Monocultures de l’esprit, Wildproject, 2022.

Vandana Shiva, Marie Mies, Ecoféminisme, 1993.

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Production et programmation : La REcyclerie.

Entretien et mise en ondes : Simon Beyrand.

Doublage voix : Sophie Puls.

Illustration : Belen Fernandez – Olelala.

Sound design : JFF.

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L’HISTOIRE PLANÉTAIRE PERCUTÉE PAR L’HISTOIRE HUMAINE ? 🎤 DIPESH CHAKRABARTY

Le 7 novembre 2023

Les humains ont déstabilisé les équilibres de la planète au point de devenir une force géologique. Comment envisager notre civilisation au regard de ces bouleversements ? Entretien avec Dipesh Chakrabarty.

Dipesh Chakrabarty est un historien indien, initiateur de la pensée décoloniale. Son dernier ouvrage Après le changement climatique, penser l’histoire (Gallimard, 2023) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2023 de la fondation Veolia.

Le concept d’anthropocène – une proposition d’époque géologique marquée par l’influence significative des activités humaines sur terre – représente une notion clé pour penser le temps de l’Histoire naturelle et le temps de l’Histoire humaine. En effet, ces deux échelles de temps ne forment plus qu’un seul et même mouvement, nous dit Dipesh Chakrabarty. Un mouvement qui nous éloigne de la globalisation et nous rapproche du planétaire :

« D’après le consensus général, le siècle dernier a été celui de la globalisation, de l’âge du global. Mais en tant qu’historien, j’ai commencé à dire : « non, on arrive désormais à l’âge du planétaire. » On n’est plus seulement global, car la globalisation a été anthropocentrique : c’est l’histoire des humains, uniquement. Aujourd’hui, c’est l’histoire des humains, et de la planète ! Et la planète implique des processus géologiques et biologiques qui créent le système vital de la planète. On impact ce système, donc on crée du danger pour nous-mêmes. […]

Je pense que l’on doit d’abord accepter cet état de transition. Et on doit apprendre à vivre avec ce processus de transition. On ne sait pas où l’on va atterrir. On connait les dangers, alors je crois que tout le monde doit désormais les appréhender. Après, bien sûr, on fait face à des conflits humains, des différences, des inégalités : soit autant de choses qu’il nous faut négocier. »

Pour aller plus loin

Dipesh Chakrabarty, Provincialiser l’Europe: La pensée postcoloniale et la différence historique, Éditions Amsterdam, 2009.

Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, L’événement anthropocène, Seuil, 2013.

Razmig Keucheyan, Sortir du consumérisme, cultiver des besoins authentiques ? Radio REcyclerie, 2023.

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HABITER LA TERRE EN COMMUNS ? 🎤 SOPHIE GOSSELIN, DAVID GÉ BARTOLI

Le 5 octobre 2023

L’imaginaire moderniste – porté par des droits anthropocentrés – s’effrite au profit d’une représentation du monde incluant les autres qu’humains. Bienvenue dans la condition terrestre.

Sophie Gosselin et David gé Bartoli sont philosophes. Leur dernier ouvrage, La condition terrestre (éditions du Seuil), a reçu le Prix du livre environnement 2023 de la fondation Veolia.

Pour les deux auteur·es, « la condition terrestre » – et le champ lexical qu’ils développent autour de cette notion : « personne terrestre », « peuple terrestre » – désigne les changements de représentation du monde actuellement à l’œuvre, conduisant à une « sortie de la modernité. »

Au-delà de sa force conceptuelle, cet ouvrage analyse six initiatives cosmopolitiques qui ouvrent un autre chemin, des montagnes andines de Bolivie à la rivière Whanganui de Nouvelle-Zélande, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en France à l’archipel des îles de Kanaky en Nouvelle Calédonie, du fleuve Elwha aux États-Unis à la rébellion des zapatistes du Chiapas mexicain.

« On est en train de sortir de tout un système de représentation qui plaçait l’humanité comme une figure totalement idéalisée, et qui invisibilisait les milieux de vie, les rapports aux autres formes de vie, les corps sacrifiés – réduits à de la matière exploitable. La condition terrestre, c’est comme si tous ces corps se réveillaient, se soulevaient. » Sophie Gosselin

« Quel est notre territoire ? Comment les relations de ce territoire forment-elles un monde singulier ? Si, à Tours, on doit revendiquer des institutions autres qu’humaines et une personnalité juridique particulière, cette dernière doit se revendiquer avec un peuple et un monde particulier. » David gé Bartoli

Pour aller plus loin

Nastasia Hadjadji, Alexandre Monnin, Repenser le progrès ou y renoncer ?, Radio REcyclerie, 2023.

Isabelle Stengers, Réactiver le sens commun, La Découverte, 2020.

Sophie Gosselin, David gé Bartoli, Le Toucher du monde, Dehors, 2019.

Bruno Latour, Face à Gaïa, La Découverte, 2015.

Joseph Andras, De nos frères blessés, Actes sud, 2016.

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SORTIR DU CONSUMÉRISME, CULTIVER DES BESOINS AUTHENTIQUES ? 🎤 RAZMIG KEUCHEYAN

Le 26 juillet 2023

Comment se désaliéner des besoins créés artificiellement par le marché ? Comment cultiver des besoins authentiques et concevoir la liberté au sein d’une société écologique ? Entretien avec Razmig Keucheyan.

À l’occasion de la parution en format poche de son livre Les besoins artificiels (La Découverte, 2019), Razmig Keucheyan – sociologue et professeur à l’Université Paris-Descartes – esquisse une théorie critique du consumérisme et des besoins artificiels.

« Une manière de penser la transition écologique, c’est de mettre l’enjeu des besoins au cœur de cette bifurcation. Le productivisme du capitalisme conduit au consumérisme, à grand renfort de publicité, d’obsolescence programmée, de financiarisation de la vie quotidienne, etc. Et pour que le consumérisme fonctionne, il faut que le capitalisme nous convainque que l’on a des besoins en permanence renouvelés, des besoins artificiels. Mais les besoins humains ne sont pas infinis ! D’où l’importance d’une réflexion sur une maitrise collective et démocratique des besoins. »

Razmig Keucheyan place ainsi les besoins authentiques, collectivement définis, au cœur d’une politique d’émancipation sociale et écologique.

Pour aller plus loin

Alexandre Monnin, Renoncement, démantèlement : s’organiser pour garder une terre habitable ?, Radio REcyclerie, avril 2023.

Andreas Malm, « Cibler les SUV ou jets privés peut aider les luttes », Reporterre, mars 2023.

Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil, L’Evénement Anthropocène, Seuil, octobre 2013.

Agnes Heller, La théorie des besoins chez Marx, 1978.

Antonio Gramsci, Introduction à Antonio Gramsci, La Découverte, 2019.

 

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RENONCEMENT, DÉMANTÈLEMENT : S’ORGANISER POUR GARDER UNE TERRE HABITABLE ? 🎤 ALEXANDRE MONNIN

Le 26 avril 2023

Avec son livre Politiser le renoncement (Divergences, 2023), le philosophe Alexandre Monnin esquisse une politique des « communs négatifs. » L’idée : organiser démocratiquement le démantèlement des infrastructures nocives pour que la terre reste habitable.

Selon Alexandre Monnin, nous n’avons pas d’autres choix que de trouver un équilibre périlleux entre, d’un côté, l’intenable fuite en avant technologique actuelle et, de l’autre, l’arrêt de toute la machine :

« Laisser la technosphère grossir encore et encore serait très compliqué. Et en même temps, sortir du jour au lendemain de cette technosphère – les infrastructures, les modèles économiques, les modèles managériaux – causerait des dégâts humains absolument majeurs. Il faut donc trouver une ligne de crête à l’extrême opposée de ces deux pôles. »

En plus de nous rapprocher de cette ligne de crête, la « politisation du renoncement » nous permettrait d’appréhender nos attachements individuels et collectifs – auxquels nous choisirons (ou pas) de renoncer–, et même de nous « réattacher » tout en maintenant une planète habitable :

« Nous sommes des créatures d’attachements. […] Nous pouvons intensifier notre rapport à l’expérience avec une empreinte matérielle, technique, infrastructurelle moindre. La lecture, la musique, sont des types de pratiques à valoriser ou à revaloriser pour mettre en causes d’autres pratiques. »

L’invité

Alexandre Monnin est enseignant-chercheur, directeur scientifique d’Origens Medialab et directeur du MSc Strategy & Design for the Anthropocene, un Master of Science qui vise à former à la redirection écologique. En 2021, il a publié aux éditions Divergences le livre Héritage et fermeture, avec Emmanuel Bonnet et Diego Landivar.

Pour aller plus loin

Jérémie Almosni, Véronique Ragusa-Bartolone, William Aucant, Matthieu Sanchez, Planification écologique et démocratie, l’équation impossible ? Radio REcyclerie, 2022.

Philippe Bihouix, Antoine Delaunay Belleville, Alexandre Monnin, Vers une société low tech, Radio REcyclerie, 2019.

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PAR-DELÀ L’ANDROCÈNE (L’ÈRE DE L’HOMME) ? 🎤 SANDRINE ROUSSEAU

Le 12 janvier 2023

Lors du marché de Noël écoféministe de la REcyclerie, la députée Sandrine Rousseau a invité les militant·es écologistes à « danser ensemble » et à « faire vibrer le sol » pour sonner la fin de l’androcène.

« Anthropocène », « capitalocène » : ces mots peuvent être utiles pour désigner une nouvelle ère géologique qui aurait débutée en réponse au poids des activités humaines sur les écosystèmes. Sandrine Rousseau préfère quant à elle utiliser le terme « androcène » – l’ère de l’homme, petit h – qui lui semble plus précis pour dénoncer les rapports de domination. Elle explique :

« Il n’y aurait pas de capitalisme, il n’y aurait pas de croissance, il n’y aurait pas de crise écologique et de crise sociale si, à la base, il n’y avait pas une organisation sociale de domination qui permet et légitime les violences. Les violences vis-à-vis des femmes, les violences vis-à-vis des personnes racisé·es, mais aussi les violences vis-à-vis de la nature. »

Pour aller plus loin

Sandrine Rousseau, Adelaïde Bon, Sandrine Roudaut, Par-delà l’androcène, Seuil, 2022.

Genevière Pruvost, Clothilde Bato, L’écoféminisme pour rester dans les limites planétaires, La REcyclerie, 2022.

Lauren Bastide, L’écoféminisme pour changer le monde, La REcyclerie, 2022.

Solène Ducretot, L’écoféminisme pour déconstruire les systèmes d’oppression, La REcyclerie, 2021.

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L’ÉCOFÉMINISME POUR CHANGER LE MONDE ? 🎤 LAUREN BASTIDE

Le 7 décembre 2022

Pour Lauren Bastide – créatrice du podcast La poudre –, « il n’y a rien de plus lié que l’écologie et le féminisme. » Entretien autour de son dernier livre, Futur·es (Allary Éditions, novembre 2022).

Vandana Shiva, Carolyn Merchant, Maria Mies, Françoise d’Eaubonne : dans les années 1970, ces grandes penseuses et militantes lançaient l’alerte et posaient les bases de l’écoféminisme. Un mouvement à la fois riche, multiple et concret, pour penser l’écologie contemporaine et passer à l’action, assure Lauren Bastide :

« Aujourd’hui, je ne comprends même plus comment penser le féminisme sans penser l’écologie, et vice versa. […] La première personne à m’avoir vraiment ouvert les yeux sur l’écoféminisme, c’est Vandana Shiva. En 1973, avec le mouvement Chipko, elle a mis en place un système de résistance non-violente contre la déforestation sur sa terre natale par le colonisateur britannique. Vandana Shiva met en évidence que c’est un seul et même mouvement qui a entrainé la déforestation, la colonisation, et la dépossession des savoirs vernaculaires des femmes. »

Pour aller plus loin

Genevière Pruvost, Clothilde Bato, L’écoféminisme pour rester dans les limites planétaires, La REcyclerie, 2022.

Genevière Pruvost, Quotidien politique, Féminisme, écologie, subsistance, La découverte, 2021.

Vandana shiva, 1 %. Reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Rue de l’échiquier, 2019.

Françoise d’Eaubonne, Le féminisme ou la mort, 1974.

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LOUPS, GUÊPES, ARAIGNÉES : COHABITER AVEC LES « SALES BÊTES » ? 🎤 GILLES MACAGNO

Le 10 octobre 2022

Avec sa bande dessinée naturaliste Mauvaise Réputation, Gilles Macagno défend les animaux mal aimés, et nous invite à partager l’espace avec le monde sauvage.

Gilles Macagno

La BD Mauvaise réputation, plaidoyer pour les animaux mal aimés (éditions Delachaux et Niestlé, 2022) a reçu la mention jeunesse du Prix du livre environnement 2022 de la Fondation Veolia.

Au village sans prétention, ils ont mauvaise réputation…. Renards, loups, belettes, mais aussi serpents, araignées, guêpes et moustiques : ces « bestioles », ces « nuisibles », restent largement mal aimés.

Et pourtant, ces espèces – au-delà de leur simple droit à exister – jouent chacune un rôle clé pour le bon fonctionnement des écosystèmes.

Il est donc grand temps « de défendre le monde sauvage sérieusement, et d’apprendre à cohabiter avec les autres animaux », alerte Gilles Macagno, zoologiste de formation, dessinateur de vocation.

Gilles Macagno

Extrait de la BD Mauvaise réputation © Gilles Macagno, éditions Delachaux et Niestlé.

Pour aller plus loin

Jean-Marc Gancille, L’humanité prise à son propre piège ?, Radio REcyclerie, 2022.

Baptiste Lanaspeze, Printemps silencieux : 60 ans après, la guerre contre la nature fait rage, Radio REcyclerie, 2022.

Rachel Carson, Printemps silencieux, 2020. Première publication : 1962.

Rachel Carson, La mer autour de nous, Wildprojet, 2019. Première publication : 1953.

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LES ALGUES, DES « RESSOURCES » À EXPLOITER ? 🎤 VINCENT DOUMEIZEL

Le 10 octobre 2022

Dans son livre La révolution des algues, Vincent Doumeizel imagine une société où les algues offriraient des solutions multiples pour répondre aux défis écologiques. Mais avant d’exploiter – ou pas ! – ces organismes, encore faut-il les explorer.

L’ouvrage La révolution des algues (éditions des Équateurs, 2021) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2022 de la Fondation Veolia.

« Les algues sont sans doute les organismes les moins explorés, les moins exploités, et les moins considérés sur terre », expose Vincent Doumeizel, conseiller pour les océans au Pacte mondial des Nations Unies. À l’avenir, les algues pourraient notamment servir de base pour développer une « permaculture en mer », assure-t-il :

« Si vous élevez des algues, des poissons, des coquillages, des étoiles de mer et des concombres de mer ensemble, vous allez recréer un écosystème. Chacun va nourrir l’autre et se nourrir des rejets de l’autre. L’idée c’est donc de passer d’un modèle purement extractif dans les océans à un modèle régénératif, circulaire. »

Selon Vincent Doumeizel, les algues portent en fait des solutions multiples pour lutter contre la faim dans le monde, pour sortir du chaos climatique – les forêts d’algues sont des puits de carbone –, ou encore pour faire face au péril plastique.

Mais une question demeure : n’est-il pas problématique que de considérer les algues comme la solution d’avenir, au risque de provoquer une ruée vers l’exploitation de cette « ressource marine » ?

Ressources

Lamya Essemlali, L’éolien en mer à contre-courant de la vie marine, La REcyclerie, 2022

Françoise Gaill, Agathe Euzen, Denis Lacroix, Philippe Cury, L’océan à découvert (CNRS, 2017)

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CE QUE LES PLANTES ONT À NOUS APPRENDRE. 🎤 STEFANO MANCUSO

Le 10 octobre 2022

Adaptation, résilience, coopération : pour saisir au mieux les enseignements du règne végétal, Stefano Mancuso imagine une constitution écrite par les plantes elles-mêmes.

L’ouvrage Nous les plantes (Albin Michel, 2021) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2022 de la Fondation Veolia. Entretien avec son auteur, Stefano Mancuso, biologiste italien, professeur à l’université de Florence, directeur du Laboratoire international de neurobiologie végétale (LINV).

Radio REcyclerie : Pourquoi les humains devraient-ils écouter les végétaux ?

Stefano Mancuso : L’idée du livre est d’imaginer une sorte de constitution écrite par les plantes. Et vous avez raison : on devrait écouter ce que les plantes ont à nous apprendre. Tout d’abord, les plantes représentent la vie. Mais quand on pense à la vie, on a le sentiment qu’elle est uniquement constituée d’animaux. Nous sommes des animaux, donc nous considérons que la vie est seulement animale… ce qui est totalement faux !

Nous, les animaux, on représente à peine 0,3 % de la biomasse de la vie. C’est-à-dire que si l’on pesait l’ensemble des organismes vivants, les animaux ne représenteraient que 0,3 % du total, autant dire : absolument rien. La vie est en fait composée à 86 % de plantes.

Et les plantes sont des organismes complètement différents des animaux. Je pense que l’on arrive à un moment bien particulier de notre histoire en tant qu’espèce. On arrive à un moment où l’on doit changer notre rapport au monde. En cela, les plantes peuvent nous donner une merveilleuse orientation.

Qu’est-ce qu’une plante et qu’est-ce qui différencie une plante d’un animal ?

Le végétal est le moteur de la vie sur terre. C’est l’unique anneau de la chaîne qui relie notre soleil à notre planète. Sans les plantes, il serait impossible de transformer le soleil en énergie vitale, en énergie chimique. Je sais que ce n’est pas la manière la plus courante pour les définir, mais je considère les plantes comme le lien entre le soleil et la terre.

Les plantes ne ressemblent en rien aux animaux. Les plantes et les animaux sont en fait le yin et le yang de la vie : alors que les plantes sont immobiles, les animaux se déplacent ; alors que les plantes produisent de l’énergie, les animaux consomment de l’énergie. Les plantes sont des organismes autotrophes, c’est-à-dire qu’elles peuvent simplement vivre de la lumière du soleil. Les animaux ont quant à eux besoin de consommer pour vivre.

Et pour finir, alors que les plantes ont une organisation diffuse, décentralisée, l’organisation des animaux est complètement centralisée et pyramidale… à l’image de tout ce que nous avons construit.

Vous écrivez : « nous devons et devrons toujours notre existence aux végétaux. » Ainsi, peut-on dire que les plantes sont nos parents ?

Oui ! Selon moi, on devrait avoir le même respect pour les plantes que pour nos parents. Car nous dépendons d’elles, comme un enfant dépend de ses parents. Tout l’oxygène que l’on respire est produit par les plantes ; toute la nourriture que l’on mange est produite par les plantes. En fait, absolument tout – du climat à notre santé – dépend des plantes.

D’une certaine manière, les plantes sont-elles plus intelligentes que nous, les humains ?

Si on définit l’intelligence comme la capacité à résoudre les problèmes : oui, bien sûr ! Nous, les animaux, y compris les humains, quand on se dit capables de résoudre un problème, on ne fait que s’éloigner du problème. On utilise donc le mouvement pour éviter un problème, mais le problème est toujours là. Or, cette action est totalement impossible pour une plante : la plante doit résoudre le problème car elle ne peut pas s’en éloigner.

D’une manière plus globale, l’Homme se pense au sommet de l’évolution à cause de son gros cerveau. Mais c’est une idée vraiment dangereuse que de se croire les meilleurs ! Cette idée d’être meilleurs que les autres organismes est l’une des idées les plus dangereuses produite par l’humanité.

En fait, notre espèce est incroyablement jeune. Nous, homo sapiens, on a que 300 000 ans ! Et il faut savoir que la durée de vie moyenne d’une espèce sur la planète est de 5 millions d’années. Pourrons-nous atteindre ces 5 millions d’années ? Je l’espère. Mais il est un peu tôt pour s’afficher comme les meilleurs, peut-être devrait-on attendre un peu avant de dire cela.

Qu’elle est l’idée fondamentale du livre, pourquoi développez-vous cette idée de nation ?

En fait, ce livre, c’est une expérience narrative. Les plantes sont incroyablement différentes de nous, et il nous est impossible de les comprendre vraiment. Pour tenter de nous rapprocher des plantes, j’ai donc imaginé une nation constituée de végétaux et encadrée par des règles et des lois totalement différentes des nôtres, mais dont on pourrait s’inspirer.

Et cette constitution proposée par les plantes est destinée à l’ensemble du monde vivant,  à l’ensemble de la communauté des vivants, non à telle ou telle espèce !

Oui, j’essaie constamment de montrer que nos constitutions ont toujours été très anthropocentrées. Même les plus belles des constitutions placent l’humain au centre. Mais aujourd’hui, c’est probablement une erreur. Aujourd’hui, il est impossible d’imaginer notre avenir en tant qu’espèce isolée, car nous savons désormais que la vie se fait par connexion, par réseau. Le seul futur possible pour notre espèce, c’est donc un futur où l’on serait capable de vivre avec toutes les autres espèces de la planète. Et c’est pourquoi j’imagine une constitution écrite par les plantes, qui ne placerait pas l’humain au centre, mais la vie.

Selon l’article 3, « la Nation des plantes ne reconnaît pas les hiérarchies animales, mais elle favorise les démocraties végétales partagées et décentralisées. » Pouvez-vous revenir sur cet article central ?

Si l’on regarde l’organisation des plantes en tant qu’organismes, on s’aperçoit qu’elle est complètement différente de celle des animaux. Nous, les animaux, on a une organisation très pyramidale, basée sur notre cerveau qui contrôle des organes simples ou doubles, spécialisés dans des fonctions spécifiques : on respire avec nos deux poumons, on voit à travers nos deux yeux, etcétéra. Mais pour les plantes, vous ne trouverez jamais d’organes simples ou doubles, car un organe simple ou double est un point faible. Un petit dommage sur l’un de nos organes peut entraîner la chute de tout l’organisme.

Les plantes sont beaucoup plus robustes, beaucoup plus fortes que les animaux. Et notamment grâce à leur organisation totalement répartie et décentralisée. Si vous supprimez 80 % de la plante, elle peut tout de même rester vivante. Mais pour les animaux, c’est complètement différent. Un petit dommage sur un seul organe, et toute l’organisation s’écroule.

Donc l’idée de cet article, c’est bien de montrer que l’organisation des plantes est bien plus moderne, contrairement à ce tout ce que l’on a construit en s’inspirant de nos organismes. Regardez : toutes nos organisations sont représentées par un organigramme où vous pouvez trouver la tête – le patron – et les organes spécifiques, réalisant des tâches précises. Mais l’organisation des plantes est complètement différente, décentralisée, moderne, semblable à un réseau internet. Je pense qu’avec ce genre d’organisation, on serait bien mieux préparés pour faire face à la modernité.

Selon le dernier article de cette constitution : « la Nation des plantes reconnaît et favorise le secours mutuel entre les communautés naturelles d’êtres vivants. » Pourtant, les humains restent pour la plupart animés par la compétition et la loi de la jungle !

Oui, c’est un point très important pour moi et pour la constitution des plantes ! Comme vous le dites, on est obsédés par la loi de la jungle, on pense vivre dans une arène où le fort ou le plus intelligent va l’emporter. Certains pensent même que ce comportement tient de la loi de l’évolution. Mais c’est complètement faux ! L’évolution fonctionne moins avec la compétition qu’avec la collaboration et la symbiose.

Lors des premiers débats sur l’évolution est intervenu Kropotkine, un penseur merveilleux aussi connu pour ses essais sur l’anarchisme. Mais Kropotkine était un biologiste de l’évolution. Il a écrit un livre fabuleux à propos de l’importance de la communauté et de la coopération pour le maintien de la vie. Il a démontré que lors d’une crise – lorsqu’il y a une raréfaction des ressources –, la coopération est beaucoup plus efficace pour la sauvegarde de la vie que la compétition.

Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui dans notre monde. On entre dans un monde avec un environnement bouleversé et une rareté des ressources. Dans un tel contexte, un mouvement de coopération s’avérerait bien plus efficace qu’un mouvement contraire.

Darwin aussi nous avait déjà mis en garde contre cette fallacieuse loi de la jungle.

Oui! Je pense que c’est ici le plus merveilleux enseignement de Darwin. L’idée que l’évolution avantage le plus fort ou le plus intelligent est complètement fausse. L’évolution avantage les êtres les plus adaptés.

Mais c’est très difficile de savoir qui sont les plus adaptés. C’est pourquoi il nous faut préserver la totalité de la population, car parmi cette grande population on ne sait pas qui sera adapté pour garantir la continuité de notre espèce. C’est pour moi l’enseignement le plus fascinant et important que Darwin ait pu nous donner.

Comment les plantes peuvent-elles nous conduire vers un monde plus solidaire ?

Cette question est difficile à répondre et je ne veux pas me montrer trop utopiste, mais je voudrais souligner que les plantes sont incroyablement bonnes pour créer des communautés. Lorsqu’on entre dans un bois, on n’entre pas dans un lieu composé de plantes séparées. On entre le plus souvent dans une sorte d’organisme unique, complètement interconnecté, où les flux d’eau et de matières peuvent transiter d’une plante à l’autre.

On sait que toutes les plantes sont interconnectées dans un bois. Mais pourquoi font-elles cela ? Pas parce qu’elles sont bonnes par nature : rien n’est particulièrement bon ou mauvais dans la nature. Elles font cela car c’est le moyen le plus efficace de préserver la vie. Les plantes sont donc de loin les êtres vivants les plus résilients et résistants sur terre. Tel est l’enseignement majeur que nous avons à apprendre des plantes.

Quel a été votre plus grand déclic écologique ?

Évidemment, ce fut un déclic végétal. Quand j’étais jeune étudiant, j’ai participé à une étude autour du fonctionnement des forêts. Donc je voyageais partout dans le monde, et j’étudiais des écosystèmes très différents. Et ce qui m’avait fait beaucoup de mal, c’était de voir la vitesse de  destruction des écosystèmes.

Donc en 20 ans, de nombreux endroits que j’ai pu étudier au début de ma carrière – des forêts primaires – sont aujourd’hui complètement disparus, complètement détruits. En fait, la vitesse des destructions est tellement élevée que les gens sentent que quelque chose ne tourne pas rond. Oui, c’était bien ça mon plus grand déclic.

Auriez-vous d’autres livres à nous conseiller pour mieux comprendre le fonctionnement de la vie ?

Tous les livres de Lynn Margulis doivent être lus. Car si Lynn Margulis était l’une des plus importantes biologistes du siècle dernier, c’était aussi l’une des moins reconnues. Son héritage est incroyable, donc tout ce que vous pouvez lire sur Lynn Margulis vous permettra d’améliorer significativement votre compréhension du fonctionnement de la vie.

Il y a aussi Kropotkine, bien sûr, et son livre L’entraide, un facteur d’évolution. Rien que le titre lui-même offre un nouveau regard sur l’évolution. Et pour arriver à quelque chose de plus proche de nous, je conseillerais James Lovelock et son livre sur l’hypothèse Gaia, qui devrait à nouveau être sérieusement étudié.

Comment imaginez-vous le monde dans 20 ans, si l’on parvient à vivre en harmonie avec les plantes ?

Eh bien, c’est en fait un rêve. Je rêverais d’un monde où les plantes, les animaux et les humains vivraient ensemble dans les centres urbains. Aujourd’hui, nos villes sont des lieux où règne l’humain, avec son lot d’objets synthétiques. La quantité de plantes dans nos villes est incroyablement faible. En Europe, on n’a en moyenne que 7 % de densité arborée dans les villes. C’est incroyablement bas.

Mais il n’y a aucune raison pour que l’on vive ainsi ! Donc j’imagine et je rêve de villes nouvelles où les plantes seraient partout. Pas seulement sur les bâtiments, mais même à l’intérieur des bâtiments. Pourquoi les végétaux n’ont-ils pas de place dans nos bâtiments ?

Il y a seulement quelques générations, notre espèce vivait complètement immergée dans un monde végétal. Durant les 20 prochaines années, je rêve donc que l’on retisse ce lien perdu au fil des siècles.

Merci ! Et à bientôt à Paris ?

Pourquoi pas ? Je l’espère !

Ressources

Lynn Margulis, Dorion Sagan, 4 milliards d’années de symbiose terrestre, Wildproject, 2022.

Alain Canet, Stéphane Hallaire, Marc-André Selosse, Le rôle des arbres dans nos écosystèmes, Radio REcyclerie, 2018.

James Lovelock, La Terre est un être vivant, l’hypothèse Gaïa, 1979.

Pierre Kropotkine, L’entraide, un facteur de l’évolution, 1902.

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L’HUMANITÉ EN PHASE DE PULLULATION ? 🎤 ROLAND ALBIGNAC

Le 10 octobre 2022

Avec son ouvrage grand format La terre et nous, Roland Albignac revient sur la formation des milieux terrestres, les mécanismes évolutifs du vivant, et la place occupée aujourd’hui par une espèce « pullulante » : homo sapiens.

L’ouvrage La terre et nous – Regards et perspectives d’un écologue (Terre vivante, 2021) a été nommé pour le Prix du livre environnement 2022 de la Fondation Veolia.

Alors que sont aujourd’hui menacés d’extinction près de 41 % des amphibiens, 25 % des mammifères, 21 % des reptiles et 14 % des oiseaux 1, l’espèce humaine « pullule », constate Rolland Albignac.

« Au début de l’ère chrétienne, l’humanité était composée de 250 millions d’habitants. En 21 siècles, on est passés à 8 milliards : on est donc en phase de pullulation. Et chez une espèce, quand il y a pullulation  – comme j’ai pu l’observer en étudiant les campagnols –, il y a des désordres hormonaux, des stress, qui conduisent à l’autodestruction. »

Pour déjouer ce bien sombre pronostic, l’écologue espère voir une société radicalement nouvelle se former. Une société basée sur l’intelligence collective.

« J’espère que l’intelligence collective nous amènera à reconsidérer nos systèmes sociétaux. Il faut absolument que l’on se reconsidère, que l’on s’adapte. Et que l’on change nos comportements rapidement. »

Note

1 Chiffres tirés de l’étude publiée dans la revue Nature, A global reptile assessment highlights shared conservation needs of tetrapods, avril 2022.

Ressources

Jørgen Randers, Le rapport Meadows : 50 ans d’alertes, La REcyclerie, 2022.

Sébastien Dutreuil, Gaïa, une extension des vivants ?, La REcyclerie, 2021.

Jane Goodall, Les chimpanzés et moi, Stock, 1971.

Jean Dorst, Avant que nature meure, 1967.

Alison Jolly, Lemur Behavior : A Madagascar Field Study, University of Chicago Press, 1966.

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ÉTÉ 2022 : DU PÉRIL CLIMATIQUE AU SURSAUT MÉDIATIQUE ? 🎤 VALÉRIE MASSON-DELMOTTE

Le 22 septembre 2022

La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte intervenait le 14 septembre à la REcyclerie lors du lancement de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique. L’occasion de revenir sur l’été caniculaire de 2022, et sur le traitement du chaos climatique dans les médias.

L’été 2022 restera comme un nouveau marqueur du réchauffement climatique. C’est un été « emblématique », nous dit même Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe 1 du GIEC depuis 2015 et membre du Haut conseil pour le climat. Emblématique quant à l’ampleur des canicules et quant à notre manque de préparation collective. Elle revient sur les vagues de chaleur qui ont touché l’Hexagone :

« On a eu des extrêmes chauds, avec des records de températures dans des régions habituellement plus épargnées comme la Bretagne. Des périodes très longues avec des températures élevées le jour et la nuit, notamment autour de la Méditerranée où de nombreux records ont été battus. Une canicule précoce, au mois de juin, et tardive, en septembre. »

Face à l’ampleur des bouleversements en cours, les médias jouent un rôle crucial afin de bien relayer les connaissances scientifiques. Valérie Masson-Delmotte voit donc d’un bon œil cette charte signée par des dizaines de rédactions. Elle ajoute :

« Les médias doivent se préparer pour aborder ces situations inédites de manière construite, cohérente, et pour situer l’événement – que ce soit un événement extrême ou un rapport scientifique – sur les relations de causes, de conséquences et les leviers d’actions possibles. »

Note

1 Selon le programme européen Copernicus, les températures moyennes en Europe ont été les plus élevées jamais enregistrées en été 2022 (juin-août), dépassant de 0,4 °C les températures de 2021 (précédent record).

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L’ENFER NUMÉRIQUE OU L’ILLUSION D’UN MONDE SANS LIMITES. 🎤 GUILLAUME PITRON

Le 10 septembre 2022

Avec son enquête L’enfer numérique, Guillaume Pitron dévoile la face cachée du « monde virtuel », soi-disant « immatériel ». Car au-delà du cloud et des smartphones épurés, se tissent des infrastructures géantes et se dessine une société très gourmande en ressources.

L’ouvrage L’enfer numérique, voyage au bout d’un like (Les Liens qui Libèrent, 2021) a reçu le Prix du livre environnement 2022 de la Fondation Veolia.

« Aujourd’hui, nos vies sont à la fois réelles et virtuelles, atteste le journaliste d’investigation Guillaume Pitron. De nombreux actes que nous entreprenons dans le monde physique sont répliqués dans le monde virtuel. La mémoire du monde se trouve dans les datacenters ! On est donc dans une illusion de l’immatériel. »

Le numérique et toutes ses promesses reposent ainsi sur le mythe d’un monde illimité, d’un monde libéré de contraintes physiques, analyse Guillaume Pitron :

« Le numérique, c’est cette idée que nous allons pouvoir continuer à produire de la richesse, à croître sans impact sur l’environnement, puisque tout est virtuel. Sauf que cette idée-là est totalement fausse. C’est un mythe dangereux qui repose sur notre manque d’éducation aux enjeux du numérique. C’est donc le travail du journaliste que de suivre la route d’un like – de savoir d’où part un like, où il va et par où il passe –, et de raconter cette matérialité-là. »

Pour aller plus loin

Hervé Kempf, Anne-Sophie Novel, Arthur Nazaret, L’information écologique est-elle subversive par nature ? La REcyclerie, 2022

Alice Desbiolles, Sergio Lopez, Émile Bertier et Yann Girard, Éco-anxiété : Des larmes au rire, du rire aux armes, La REcyclerie, 2021

Umberto Eco, Le nom de la rose, 1980

Rachel Carson, Printemps silencieux, 1962

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L’ÉOLIEN EN MER, À CONTRE-COURANT DE LA VIE MARINE ? 🎤 LAMYA ESSEMLALI

Le 30 juin 2022

Et si les énergies « dites » renouvelables s’implantaient au détriment de la biodiversité ? Telle est la crainte formulée par Lamya Essemlali. Car pour la présidente de Sea Shepherd France, « la préservation du vivant est la priorité incontournable ».

D’ici à 2050, la France prévoit d’implanter 50 parcs éoliens le long de son littoral. L’association Sea Shepherd – connue pour ses opérations contre la surpêche et le braconnage en mer – est aujourd’hui vent debout contre ces « usines éoliennes » en mer qui présentent des risques pour les écosystèmes marins :

 « Tout n’est pas forcément à jeter avec les éoliennes. Mais la façon dont c’est en train d’être développé – et notamment en mer – est assez catastrophique pour la biodiversité, assure Lamya Essemlali. Le projet dans la baie de Saint-Brieuc a obtenu 59 dérogations de destruction d’habitats et d’espèces protégées, dont des espèces en danger critique d’extinction. »

La préservation du vivant est bel et bien « la priorité incontournable » pour la présidente de Sea Shepherd France :

« Si l’on veut enrayer le changement climatique, on a besoin d’une biodiversité en bonne santé. On marche complètement sur la tête en cherchant à développer des énergies dites renouvelables qui vont se faire au détriment de la biodiversité. C’est comme si on sacrifiait l’essentiel au prétexte de sauver la planète. »

Pour aller plus loin

Jean-Marc Gancille, L’humanité prise à son propre piège ?, La REcyclerie, 2022.

Jonathan Balcombe, À quoi pensent les poissons ?, La Plage, 2018.

Yves Miserey, Philippe Cury, Une mer sans poissons, Calmann-Lévy, 2008.

Lamya Essemlali, Capitaine Paul Watson, entretien avec un pirate, Glénat, 2012.

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